Maison Gourraud

Carnet de Provence — une chronique de famille

Chapitre IX

Cannes, le soir

Oysters on ice, the blue hour coming down, and a whole town that has nowhere better to be.Des huîtres sur la glace, l’heure bleue qui descend, et toute une ville qui ne voit pas où elle serait mieux.

A crowded Cannes café terrace at blue hour, awnings and lamps lit, the deep blue evening sky above

Cannes at the blue hour — every terrace full, and the sky going that impossible blue.Cannes à l’heure bleue — toutes les terrasses pleines, et le ciel qui vire à ce bleu impossible.

The town that performs by day knows exactly what to do with an evening.La ville qui se donne en spectacle le jour sait exactement quoi faire d’une soirée.

Le soir

A tower of ice and oystersUne tour de glace et d’huîtres

Dinner arrived on ice. A plateau de fruits de mer — oysters, and the rest of the cold catch arranged around them with the lemon and the dark bread — set down in the middle of the table for everyone to lean into at once. It is the most companionable food there is, a meal that insists you slow down, use your hands, pass things, talk between shells. Around us the restaurant was full and loud and entirely content, and we took our time, because there is no fast way to eat an oyster and no reason to look for one.Le dîner est arrivé sur la glace. Un plateau de fruits de mer — les huîtres, et tout le reste de la pêche froide disposé autour avec le citron et le pain noir — posé au milieu de la table pour qu’on s’y penche tous en même temps. C’est la nourriture la plus conviviale qui soit, un repas qui oblige à ralentir, à se servir de ses mains, à faire passer les choses, à parler entre deux coquilles. Autour de nous, la salle était pleine, bruyante et parfaitement heureuse, et nous avons pris notre temps, parce qu’on ne mange pas une huître vite et qu’il n’y a aucune raison d’essayer.

A plateau de fruits de mer — oysters and shellfish on ice on a tiled table
The plateau — oysters on ice, lemon, dark bread.Le plateau — les huîtres sur la glace, le citron, le pain noir.
A man at the seafood table, the busy lamplit restaurant behind him
Hands in, shells down, the room full around us.Les mains dedans, les coquilles vides, la salle pleine autour de nous.
L’heure bleue

The blue hour, and everybody out in itL’heure bleue, et tout le monde dehors

Afterwards, the streets. There is a half-hour in a southern town when the sky turns a blue so deep and clean it looks painted on, the lamps come up warm against it, and every café terrace fills to its last chair. Cannes does this as well as anywhere — the cane chairs packed knee to knee, the waiters threading through, the whole town apparently agreed that there is nowhere better to be than exactly here, outside, with a drink, watching everyone else do the same.Ensuite, les rues. Il y a, dans une ville du Midi, une demi-heure où le ciel prend un bleu si profond et si net qu’on le croirait peint, où les lampes s’allument, chaudes, par-dessus, et où chaque terrasse de café se remplit jusqu’à la dernière chaise. Cannes s’y entend aussi bien que n’importe qui — les chaises en rotin serrées genou contre genou, les serveurs qui se faufilent, toute la ville visiblement d’accord qu’il n’y a pas de meilleur endroit qu’ici même, dehors, un verre à la main, à regarder les autres en faire autant.

A packed Cannes terrace of cane chairs at blue hour, lamps lit, crowd seated
Cane chairs, knee to knee, under the deep blue.Les chaises en rotin, genou contre genou, sous le bleu profond.
The evening crowd filling the terraces of Cannes, drinks and lamplight
The whole town out, and in no hurry to go in.Toute la ville dehors, et pas pressée de rentrer.

Oysters on ice and a sky gone violet over a town that lives outdoors. We sat in it until the blue went black.Des huîtres sur la glace et un ciel devenu violet au-dessus d’une ville qui vit dehors. Nous y sommes restés jusqu’à ce que le bleu tourne au noir.