Carnet de Provence — une chronique de famille
Chapitre VIII
Down to the coast at last — the old town’s stairs, a long lunch, and a new set of windows.La côte, enfin — les escaliers de la vieille ville, un long déjeuner, et de nouvelles fenêtres.
Cannes · 5 June 2026Cannes · le 5 juin 2026

Cannes — the old town, climbing away from the sea between the ochre houses.Cannes — la vieille ville, qui s’éloigne de la mer en grimpant entre les maisons ocre.
From the dry hills to the bright coast in a single morning — a change of light, and of key.Des collines sèches à la côte lumineuse en une seule matinée — un changement de lumière, et de tonalité.
We left the hills after breakfast and pointed the car at the coast, the landscape changing as we went — the dusty greens and greys of the interior giving way, somewhere past the autoroute, to the harder, brighter blue of the Mediterranean. Lunch, for the first stretch, was whatever we’d wrapped and balanced on a knee: the unglamorous, entirely happy business of a family on the move. And then Cannes, all at once, white and vertical and full of light.Nous avons quitté les collines après le petit déjeuner, cap sur la côte, le paysage changeant à mesure que nous avancions — les verts poussiéreux et les gris de l’intérieur cédant la place, quelque part après l’autoroute, au bleu plus dur et plus vif de la Méditerranée. Le déjeuner, pour la première partie de la route, a été ce que nous avions emballé et tenu en équilibre sur un genou : l’ordinaire sans apprêt, et parfaitement heureux, d’une famille en route. Et puis Cannes, d’un coup, blanche et verticale et pleine de lumière.

Cannes hides its oldest self up a hill — Le Suquet, the quarter above the harbour — and the only way into it is on foot, up streets too narrow and too steep for anything else. We climbed between tall ochre houses with their shutters half-closed, geraniums and ivy spilling from the upper windows, the sea flashing blue at the bottom of every stairway when we turned to look back. It is the part of Cannes that was here long before the festival and the front, and it knows it.Cannes cache sa part la plus ancienne en haut d’une colline — Le Suquet, le quartier au-dessus du port — et l’on n’y entre qu’à pied, par des rues trop étroites et trop raides pour autre chose. Nous avons grimpé entre de hautes maisons ocre aux volets mi-clos, géraniums et lierre débordant des fenêtres du haut, la mer éclatant de bleu au bas de chaque escalier quand nous nous retournions. C’est la partie de Cannes qui était là bien avant le festival et le bord de mer, et elle le sait.

We found lunch on a terrace high enough to see out over the rooftops, a wall of old painted tiles at our backs and the town falling away in front. It was a simple, sunlit meal — a tart and a green salad, a cold glass, the unhurried first lunch of a new place — the kind you eat slowly because you have just arrived and there is, blessedly, nothing yet that you have to do.Nous avons déjeuné sur une terrasse assez haute pour voir par-dessus les toits, un mur de vieux carreaux peints dans le dos et la ville qui dévalait devant nous. C’était un repas simple et ensoleillé — une tarte et une salade verte, un verre frais, le premier déjeuner sans hâte d’un lieu nouveau — de ceux qu’on mange lentement parce qu’on vient d’arriver et qu’il n’y a, par bonheur, rien encore qu’on soit obligé de faire.


And then the small ceremony of arrival: finding the apartment, learning its light, claiming rooms. A bright, pale set of spaces after a week of old stone — white sofas, big windows, the particular emptiness of somewhere not yet lived in. By evening it would have our shoes by the door and our things on every surface. For an hour, though, it was just clean light and the good feeling of a base for the days ahead.Et puis la petite cérémonie de l’arrivée : trouver l’appartement, apprendre sa lumière, s’attribuer les chambres. Des pièces claires et pâles après une semaine de vieilles pierres — canapés blancs, grandes fenêtres, le vide particulier d’un endroit qu’on n’a pas encore habité. Au soir, il y aurait nos chaussures près de la porte et nos affaires sur toutes les surfaces. Pendant une heure, pourtant, ce n’était que de la lumière nette et le plaisir d’avoir un point d’attache pour les jours à venir.

A morning in the hills, an afternoon by the sea, and a new set of windows to watch the evening come through. Cannes, then.Une matinée dans les collines, un après-midi au bord de la mer, et de nouvelles fenêtres pour regarder venir le soir. Cannes, donc.